La journée d'Enzo - 23 septembre 2012

La journée d'Enzo - 23 septembre 2012  

Enzo est assis à sa place, parmi ses 42 camarades de CP.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 69 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle.

Enzo a un peu de mal à s'adapter: il a commencé l'école à 6 ans. L'école maternelle n'est pas obligatoire; elle doit désormais être entièrement financée par les communes. La mairie de son village n'a pas eu les moyens financiers de maintenir la maternelle, alors il est resté chez sa nounou…

On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12h à 12h30 pour l'Aide Personnalisée. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau.

Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé au Jardin d'éveil (privé) à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se taire, se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent 40 à 50 élèves chacun. Avec cet effectif, c'est plutôt de la garderie!

L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès… Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires.

L'an prochain, Enzo devra aller à l'école dans une autre ville, se lever plus tôt pour prendre le bus, et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 45 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur.

Enzo se demande pourquoi il est là,
pourquoi ils sont si nombreux en classe,
pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année,
pourquoi il devra aller à l'école dans une autre ville,
pourquoi il passe ses vacances à faire des stages,
pourquoi on le punit ainsi,
pourquoi il doit manger après ses copains.



Fiction ? Pas sûr hélas…
Cette projection est basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement trouvées sur le net.



Si vous ne voulez pas que vos enfants, petits-enfants, neveux, nièces, petits voisins, ..., deviennent des copains de classe de ce petit Enzo ,il faut que tout le monde prenne conscience que c'est ce qui les attend à plus ou moins court terme !
Il faut que le Ministère arrête de détruire l'Education Nationale !!!

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